Deux preuves, deux questions
Le paquet de document et le dossier d'attestation : ce que chacun prouve, qui le produit, comment le vérifier.
En deux mots
Trace de Plume délivre deux sortes de preuve. Elles ne répondent pas à la même question.
| Paquet de document | Dossier d'attestation | |
|---|---|---|
| Question | Comment ce texte a-t-il été écrit ? | Quel contenu, et quels choix, existaient à cette date ? |
| Ce que le fichier contient | Tout le journal d'écriture, ses scellés et ses reçus | Quelques reçus signés et, si on le souhaite, le contenu et les données révélés |
| Taille | Grande | Petite |
| Fichier | .trace-de-plume.json |
.trace-de-plume-attestation.json |
| Se vérifie sur | la page Vérifier du site, ou trace-de-plume-verify |
la même page, ou la même commande |
Scénario 1 : « Ce texte a-t-il été écrit au fil du temps ? »
Exemple. Inès écrit un roman pendant trois mois dans l'éditeur. Chaque frappe, chaque collage, chaque acceptation d'une proposition d'IA est inscrit dans un journal : chaque ligne est liée à la précédente, si bien que modifier le passé casse la chaîne. Régulièrement, l'empreinte de ce journal est présentée à un témoin indépendant, qui la date avec sa propre horloge.
- Ce qu'Inès remet : un paquet de document, avec l'empreinte de sa clé, transmise par un autre canal. Voir Faire vérifier votre texte.
- Ce que le lecteur contrôle : que la chaîne du journal est intacte, que les scellés sont authentiques, que le témoin a vu le journal grandir.
- Ce que cela prouve : le texte s'est construit progressivement, sur trois mois, et n'a pas été fabriqué d'un seul coup après coup.
- Ce que cela ne prouve pas : que la personne au clavier était bien Inès, ni que les frappes étaient humaines.
C'est la preuve d'un processus. Elle contient le texte de l'œuvre.
Scénario 2 : « Quel contenu et quels choix existaient à cette date ? »
Exemple. Le jour où Inès publie son texte sur une plateforme, la plateforme calcule l'empreinte du texte publié et celle de données associées (par exemple ses choix : « aucune IA »). Elle envoie ces deux empreintes au témoin, qui renvoie un reçu signé : « cette plateforme m'a soumis ces empreintes le 15 octobre à 10 h 32 ». Si Inès change ses choix en décembre, c'est une version 2, avec son propre reçu. Les versions ne se modifient jamais : on ajoute la suivante.
- Ce qu'Inès conserve : un dossier d'attestation : les reçus de chaque version et, si elle le souhaite, le texte et les données, avec leur sel.
- Ce que le lecteur contrôle : que chaque reçu est authentique et inscrit dans le journal du témoin. Si on lui montre le texte et les données, que leurs empreintes recalculées sont bien celles du reçu.
- Ce que cela prouve : à cette date, cette organisation a soumis ce texte précis et ces données précises. Les changements successifs sont datés.
- Ce que cela ne prouve pas : ni qui a écrit le texte, ni comment il a été écrit, ni qu'il n'existe pas de version plus récente que celle présentée.
C'est la preuve d'un état à une date. Le témoin n'a jamais vu le texte, seulement son empreinte.
Le sel
Les données révélées contiennent un sel : une suite aléatoire que l'organisation garde secrète jusqu'à la vérification. Sans lui, un choix à peu de valeurs (« aucune IA », « toutes », « certaines ») se retrouverait en essayant chacune et en comparant les empreintes. Le sel rend l'empreinte impossible à deviner.
Laquelle vous faut-il ?
- Vous voulez montrer comment un texte a été écrit : le paquet de document.
- Vous voulez dater un texte et les choix de son auteur, sans en dévoiler le contenu : le dossier d'attestation.
- Vous voulez les deux : l'organisation peut inscrire, dans les données de l'attestation, la tête du journal d'un document. L'attestation date alors le texte publié, et le paquet montre comment il a été écrit.
Vérifier : une seule page
La page Vérifier du site accepte les deux fichiers et reconnaît seule le type. Aucun compte n'est nécessaire, et rien de ce que vous déposez n'est conservé : le contenu, les données et le sel que vous révélez servent à recalculer deux empreintes, puis sont oubliés.
Hors ligne, la même commande reconnaît aussi les deux types :
trace-de-plume-verify fichier.json --witness EMPREINTE_DU_TÉMOIN
Dans les deux cas, épinglez les clés reçues par un autre canal. Sans cela, le résultat dit seulement que le fichier est cohérent, pas qu'il est authentique.
Ce qu'un verdict ne dit jamais
Aucune de ces preuves ne dit « ce texte est humain », « cet auteur est honnête » ou « ce texte est original ». Elles établissent des faits datés, et chaque verdict rappelle ses propres limites. Un reçu d'un témoin d'essai (un environnement de test) est reconnu et déclaré sans valeur probante.